| Le viaduc
Fait de maçonnerie de briques, il fut construit en 1866.
Il permet aux deux voies principales de la ligne Amiens-Rouen,
sur une longueur de 246 m, le franchissement de la vallée
de Fay, profonde de 33 m.
Le viaduc fut la cible de trois entreprises guerrières
de destruction.
1914
Le Génie français le fit
sauter le 31 août 1914 au moyen d'un dispositif de
mine improvisé, détruisant les 6 arches consécutives,
côté Amiens. Elles ont été reconstruites
en 1915 de telle façon que l'ouvrage conserve le
même aspect. Les parements des piles et des tympans,
ainsi que les bandeaux des voûtes ont été
rétablis en béton de cailloux. La voûte
6, disloquée et crevassée a été
reconstruite en maçonnerie de briques. Pendant les
travaux, la ligne fut interrompue totalement.
Notez que la pile 6 de 32 m de hauteur fut redressée
d'un hors d'aplomb de 48 cm sans la démolir. Puis,
elle fut sciée horizontalement sur 1,20 m côté
Amiens, pour être ensuite ramenée à
la verticale au moyen de vérins. Le résultat
fut excellent puisque cette même pile résista
parfaitement à une nouvelle atteinte en 1940. |
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1940
Le 6 juin 1940, le Génie français fit sauter les
arches 4, 5 et 6. La voûte 3 fut complètement disloquée.
Les voûtes 2 et 7 furent légèrement fissurées.
Afin de rétablir immédiatement la circulation, une
entreprise allemande fut chargée d'établir un pont
provisoire de 80 m et composé de 4 tabliers en fer.
Lorsque les travaux furent achevés, le 12 septembre 1940,
la circulation provisoire fut rétablie à voie unique,
la vitesse restant limitée à 10 km / h. Cependant
un problème demeurait : reconstruire l'ouvrage avec une
apparence identique à celle des parties conservées
sans interrompre la circulation sur le tablier provisoire. Ceci
fut réalisé en construisant l'ouvrage définitif
autour du provisoire et en noyant, en définitive, dans
la masse, les parties qui ne pouvaient pas être enlevées.
Les travaux durèrent près de dix mois.
1944
Le 14 janvier 1944, l'un des nombreux bombardements aériens
de l'époque atteignit une troisième fois le viaduc.
Cette fois, seule la voûte 5 fut endommagée et la
circulation fut à nouveau interrompue. II fallut 6 mois
pour la réparer. Les travaux de remise en état furent
conduits de façon traditionnelle. La maçonnerie
fut alors réparée par du béton.
Les bandeaux et tympans furent, comme en 1914 et en 1940, repris
en maçonnerie de briques.
Ce viaduc, qui a décidément la vie dure, cache maintenant,
pratiquement, plaies et bosses.
En 1969, la S.N.C.F. entreprit d'assurer l'étanchéité
proprement dite de l'ouvrage et de profiter de la circonstance
pour remplacer les murs bahuts existants par des garde-corps métalliques.
Ainsi protégé et abrité, le viaduc peut attendre
l'année suivante pour recevoir les soins que son aspect
extérieur nécessitait encore.
C'est ainsi que de toute la construction d'origine, seules les
deux premières arches vers Rouen subsistent encore aujourd'hui.
La ville actuelle n'est cependant pas peu fière de son
« viaduc », ainsi que le proclame, d'ailleurs, la
flamme que la Poste imprime sur chaque missive expédiée,
contribuant à faire rayonner « tous azimuts »
la gloire de cet ouvrage d'art..
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